Une ombre qui se fond dans la nuit
Un courant d'air dansant dans les herbes
Un éclair qui se perd dans les étoiles
Un parfum se mêlant aux embrunts du soir

Chasseur fantomatique
Semant la mort comme d'autres sèment les rêves
Le silence de tes victimes
Est ton seul témoin

Toi qu'on ne sait exister
Et qui sans jamais t'inquiéter
Te repets de la chair
De ceux qui errent sans lumière

Je te sens qui m'épie
Tapi dans les ombres
Te pensant invisible
Te croyant infaillible

Ton souffle court le long de mon échine
Et hurle à mon oreille
La faim qui te tord le ventre
Et fait frémir tes muscles

Ca y est tu t'élances
Enfin la danse commence
Une valse mortelle
Qui hante encore mon sommeil

Un unique pas
Une fraction de seconde
Où la mort fond sur moi
Où tu te jettes sur ta proie

Mais d'un bond je me soustrais à tes crocs
Puis disparais dans l'obscurité
Et toi qui étais si sûr
Toi tu restes tout penaud

Chasseur fantomatique
Qu'on ne savait exister
Tu as raté ta proie
Et maintenant je témoignerai

Par Moro Coeur-de-Légende
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La lune par sa beauté

Celle des étoiles éclipsait

Un homme à ses pieds

Auprès d’un étang se lamentait

 

De son cœur elle s’était emparé

Mais lui à sa terre enchaîné

Ne pouvait que l’aimer

Sans pouvoir l’approcher

 

A l’heure où d’autres dormaient

Lui restait éveillé

Et jusqu’à ce que le jour chasse l’obscurité

Admirait sa bien-aimée

 

De cet amour torrentiel

Trop grand pour son cœur de mortel

Naquit un ange sans ailes

Chantant pour la dame du ciel

 

La voix d’un humain

Mourant au petit matin

Ne vivant que pour le regard cristallin

De celle sans qui sa vie n’était rien

 

Mais chaque lendemain

Appelait le chagrin

Car il avait beau tendre la main

Jamais il ne pourrait effleurer sa peau de satin

 

Alors le souffle du malin

Etouffa celui du séraphin

Murmures assassins

Précipitant l’homme vers sa fin

 

Dans l’étang le cornu fit briller

Le reflet de son aimée

Et par l’amour aveuglé

Il se jeta dans l’eau glacée

 

Le don des verseaux

S’ouvrit tel un tombeau

Et de la lune le héraut

Disparut dans les flots

 

La lumière se noya dans son dos

L’amour tel un fardeau

L’entrainait vers des fonds abyssaux

Et l’aveugle disparut sans un mot

 

Pour sauver le jouvenceau

L’ange sans halo

Se condamna à un humide cachot

Prisonnier à jamais de l’étreinte des eaux

 

Seul mais en vie

Ombre fragile de la nuit

Un homme pleure son ami

Sacrifié pour un cœur maudit

 

Le temps s’égrène

Sans que ne cesse sa peine

Jusqu'à ce que le jour vienne

Où l’on voulu lui dérober sa reine

 

Qu’un soleil ne vienne

Eclipser son Hélène

Qu’une peur draconienne

Ne s’empare du phalène

 

Eveillant une force surhumaine

Plus puissante que les chaînes

De la geôle des sirènes

Tressée au reflet de sa souveraine

 

D’un cri il libère l’ange emprisonné

Lui offre les ailes qui lui étaient refusées

Et s’envole vers son aimée

Loin de cette terre de peines et de regrets

 

Enfin il l’enlace

Enfin il l’embrasse

Abandonne ses angoisses

Et les lueurs du soleil efface

 

L’ange chante à nouveau

Mais l’homme ne pleure plus

Car enfin il est au coté de la lune

Par Moro Coeur-de-Légende
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